La rentrée culturelle 2026 avait déjà son favori. Avec « Cézanne et nous », le Grand Palais signe l’exposition la plus attendue de l’automne parisien : une plongée dans l’héritage de Paul Cézanne (1839-1906), organisée dans les Galeries nationales du 23 septembre 2026 au 17 janvier 2027. Le principe tient en une idée simple mais vertigineuse : plutôt que de dérouler une énième biographie du peintre d’Aix-en-Provence, l’exposition met ses toiles en dialogue avec celles des générations qu’il a transformées. On y croise Gauguin, Matisse, Picasso, Mondrian, mais aussi des contemporains comme Joan Mitchell, Bridget Riley ou Peter Doig.
Réponse directe à la question que tout le monde se pose : oui, il faut réserver tôt. La billetterie est ouverte depuis l’annonce officielle, et les grandes rétrospectives du Grand Palais affichent régulièrement complet sur leurs créneaux les plus demandés. Voici tout ce qu’il faut savoir avant d’y aller.
Pourquoi cette exposition change de regard sur Cézanne #
Depuis sa mort en 1906, Paul Cézanne occupe une place à part dans l’histoire de l’art : celle du peintre que les peintres eux-mêmes considèrent comme un point de départ. Matisse l’appelait « le père de nous tous », Picasso voyait en lui un guide. C’est cette filiation, plus que l’œuvre isolée, que le Grand Palais choisit d’exposer. Le titre le dit franchement : « Cézanne et nous » — « nous », c’est-à-dire tous les artistes venus après, et par extension le regard contemporain.
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Le parti pris est audacieux car il refuse la facilité de la rétrospective monographique. Ici, une Montagne Sainte-Victoire peut se retrouver à quelques mètres d’une abstraction des années 1960, pour montrer comment la construction cézanienne de l’espace — ces plans qui s’emboîtent, cette touche qui structure autant qu’elle décrit — a irrigué le cubisme, puis l’abstraction, jusqu’à la peinture d’aujourd’hui.
Cette approche généalogique fait écho à une tendance de fond des grandes institutions : sortir les chefs-d’œuvre de leur isolement pour les faire dialoguer avec ce qu’ils ont engendré. En choisissant Cézanne comme point de bascule, le Grand Palais s’attaque au maillon le plus commenté de toute l’histoire de la peinture moderne — celui à partir duquel, disent les historiens, la représentation cesse de vouloir imiter le réel pour interroger sa propre construction. Le visiteur n’assiste donc pas seulement à un accrochage : il suit une démonstration, tableau après tableau, de la manière dont un regard a reprogrammé un siècle de création.
180 œuvres
1 siècle couvert
4 mois d’affiche
2 commissaires
De Gauguin à Peter Doig : la longue descendance du maître d’Aix #
Le cœur battant de l’exposition, c’est cette galerie de noms qui, chacun à leur époque, ont puisé chez Cézanne. Paul Gauguin possédait plusieurs de ses toiles et refusait de s’en séparer, même dans la misère. Henri Matisse a acheté Trois baigneuses en 1899 et l’a gardé près de quarante ans avant de l’offrir à la Ville de Paris, y voyant une leçon permanente. Pablo Picasso, lui, tira du peintre les fondations mêmes du cubisme, aux côtés de Georges Braque.
Mais l’exposition ne s’arrête pas à l’avant-garde du début du XXe siècle. Elle pousse jusqu’à Piet Mondrian et l’abstraction géométrique, jusqu’à l’Américaine Joan Mitchell et sa peinture gestuelle, jusqu’à la Britannique Bridget Riley, figure de l’Op art, et jusqu’à Peter Doig, l’un des peintres les plus cotés de sa génération. Autant de preuves que la « question Cézanne » reste ouverte, aujourd’hui encore, dans les ateliers.
Cézanne est le père de nous tous.
Infos pratiques : dates, tarifs, accès #
Avant de réserver, voici le récapitulatif des informations essentielles. L’exposition se tient dans les Galeries nationales du Grand Palais, avenue Winston-Churchill, dans le 8e arrondissement de Paris — le bâtiment historique rouvert après sa longue rénovation.
| Information | Détail |
|---|---|
| Lieu | Grand Palais, Galeries nationales — Paris 8e |
| Dates | 23 septembre 2026 → 17 janvier 2027 |
| Tarif plein | 19 € |
| Tarif réduit | 16 € (18-25 ans, étudiants -30 ans, familles nombreuses) |
| Gratuité | Moins de 18 ans, demandeurs d’emploi, personnes en situation de handicap |
| Réservation | Billetterie en ligne ouverte — créneau horaire recommandé |
Un projet à quatre mains, entre Orsay, l’Orangerie et Pompidou #
Derrière l’exposition, on trouve un commissariat de haut vol. Claire Bernardi, directrice du musée de l’Orangerie, et Xavier Rey, directeur du Musée national d’art moderne au Centre Pompidou, en signent le propos. Le projet est co-porté avec le musée d’Orsay, qui conserve certaines des toiles majeures de Cézanne et fait figure de partenaire naturel sur ce type d’événement patrimonial.
Cette configuration institutionnelle n’est pas anodine : elle permet de mobiliser des prêts d’exception et de croiser des collections françaises et internationales. Réunir sous un même toit près de soixante-dix Cézanne — un artiste dont les œuvres sont dispersées dans les plus grands musées du monde et jalousement conservées — représente en soi un tour de force diplomatique et logistique.
L’événement s’inscrit aussi dans une actualité de lieu : le Grand Palais, rouvert au public après un vaste chantier de restauration, retrouve avec ces grandes expositions patrimoniales sa vocation de vaisseau amiral de la vie culturelle parisienne. « Cézanne et nous » arrive dans une rentrée 2026 particulièrement dense — entre les rétrospectives Andy Warhol au musée du Luxembourg, Tintoret au musée Jacquemart-André et les paysages de Monet à Hockney à Marmottan — mais s’impose d’emblée comme la locomotive de la saison, par son ambition et par le poids de son sujet.
Comment bien préparer sa visite #
Une exposition de cette densité mérite un minimum de préparation. Voici les réflexes à adopter — et les pièges à éviter — pour profiter pleinement de la confrontation entre Cézanne et ses héritiers.
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✓ À faire
- ✓Réserver un créneau horaire précis en ligne, à l’avance
- ✓Prévoir au moins 1h30 pour circuler sans se presser
- ✓Se renseigner sur les nocturnes pour éviter la foule
- ✓Vérifier son éligibilité à la gratuité ou au tarif réduit
✕ À éviter
- ✕Se présenter sans billet en espérant entrer sur place
- ✕Choisir un week-end de vacances scolaires si l’on craint la foule
- ✕Attendre les tout derniers jours de janvier 2027
- ✕Négliger le catalogue, précieux pour prolonger la visite
Questions fréquentes #
Quand a lieu l’exposition « Cézanne et nous » ?
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Combien coûte le billet ?
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Combien d’œuvres sont présentées ?
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Quels artistes sont exposés aux côtés de Cézanne ?
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Qui sont les commissaires de l’exposition ?
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Sources : Grand Palais (page officielle « Cézanne et nous » et annonce d’ouverture de la billetterie, grandpalais.fr) ; musée d’Orsay (programme « Cézanne et nous », musee-orsay.fr) ; Sortiraparis (« Exposition Cézanne et nous au Grand Palais », sortiraparis.com). Dates, tarifs et nombre d’œuvres communiqués par les organisateurs, susceptibles d’ajustements.